Soumettons-nous à Dieu

 « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins » Hébreux4.16 «Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous, Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » Jacques 4 : 7

Quelle joie! Quelle consolation! La bienveillance et la compassion de Dieu sont sans limites. Dans les périodes de troubles, lorsque les guerres et les bruits de guerre éclatent, lorsque le monde s’écroule et que les hommes et femmes sont terrifiés, le chômage, la violence, les crimes, la misère, la maladie… Que sais-je encore! Dieu, LUI, demeure fidèle. Notre espérance est assurée en Lui.

Une des plus importantes leçons de vie que nous pouvons apprendre c’est que nous sommes responsables de nos choix. Nous ne sommes jamais tentés par ce qui ne nous plait pas ou par ce que nous n’aimons pas. En réalité, nous ne tombons pas dans la tentation mais plutôt nous y plongeons carrément. Nous sommes aujourd’hui le résultat de nos choix d’hier et nous serons demain le résultat des décisions que nous prenons aujourd’hui. Nous avons à reconnaitre le danger du péché non combattu, et nous soumettre et abandonner nos droits devant le Seigneur. Dans cette soumission, nous recevons l’étonnante puissance de Christ qui nous rend plus que vainqueurs.

Dans les Psaumes 73, Asaph confesse sa déception parce qu’il lui apparaît que les méchants prospèrent alors que lui-même fait l’expérience de grandes difficultés, pour lui c’est une injustice ce combat qu’il mène intérieur. Mais au verset 16 à 18, nous lisons : «Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, La difficulté fut grande, à mes yeux, Jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu. Et que j’eusse pris garde au sort final des méchants. Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. » N’envions pas celles qui dans le succès apparent sont corrompues et arrogantes. Sans Christ, leur fin est un désastre indescriptible. Considérons toujours le succès à la lumière des valeurs éternelles. Sans Christ, la vie n’est qu’une vanité et une buée; avec Christ nous avons tout ce dont nous avons besoin tant que nous sommes sur terre, et pour notre avenir éternel! Dieu ne nous a pas laissés sans secours, la lettre de Jacques (4. 7) nous proclame.

Bon début de semaine en Jésus !

Valentin Makomra

Les yeux fixés sur l’Eternel

« Notre Dieu, n’exerceras-tu pas tes jugements sur eux ? Car nous sommes sans force devant cette grande multitude qui s’avance contre nous, et nous ne savons que faire : nos yeux sont fixés sur toi. »  

2 Chroniques 20 : 12

 Trois peuples à savoir : les Moabites, les Ammonites et les Edomites marchèrent contre Josaphat, roi de Juda, pour lui faire la guerre. Le roi Josaphat dans sa frayeur se disposa à chercher l’Eternel et publia un jeûne pour tout Juda et toute la ville s’assembla pour invoquer l’Éternel.

Josaphat fit ainsi la chose la plus intelligente dans cette situation : prier et se confier en Dieu. Il avait foi en l’amour de Dieu pour son Peuple et il savait que Dieu allait encore, comme dans le passé, délivrer son peuple contre ses ennemis.

Josaphat dit dans sa prière:  » Car nous sommes sans force devant cette grande multitude qui s’avance contre nous, nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi ». Josaphat avouait par là son impuissance à remporter la victoire mais aussi reconnaissait la fidélité et l’amour de Dieu.

Ne nous est t-il jamais arrivé de nous retrouver dans une situation où nous nous sentons impuissant et donc notre seule force c’est notre foi en Dieu? Cette foi en l’amour de Dieu, cette foi en sa fidélité … cette ferme conviction que Dieu ne nous abandonnera pas et qu’il nous délivrera.

Dieu viendra à notre secours si nous invoquons son Nom à cause de l’alliance qu’Il a faite à Abraham puisque nous sommes fils et filles d’Abraham (Galates 3:28-29). Il combattra nos ennemis comme il a fait pour Josaphat.

Lorsque les problèmes surgissent de partout et que vous vous sentez impuissant, dites: « Je me sens sans force devant tous ces problèmes qui surgissent de partout … mais mes yeux sont sur toi, Eternel »

Car n’oubliez jamais que lorsque vous êtes en Christ, vous êtes dans une alliance avec Dieu. Ne vous laissez donc pas impressionner par l’importance et le nombre de vos ennemis … mais gardez les yeux sur l’Eternel, gardez la foi en son amour, en sa fidélité et en sa grande compassion.

Be bless

Dieu est à toi !

«La terre donne ses produits ; Dieu, notre Dieu, nous bénit »

Psaumes 67 : 6

Bien-aimé(e)s dans le Seigneur, Shalom. N’est-il étrange de voir combien nous utilisons peu les bénédictions spirituelles que Dieu nous donne ? Ou encore de voir le peu d’utilisation que nous faisons de Dieu Lui-même ?  Et pourtant il est notre Dieu. C’est vrai que  nous nous appliquons à Lui mais peu, et nous ne lui demandons que peu de choses. Combien, rarement nous demandons de l’aide aux mains du Seigneur ? Combien souvent nous allons vers nos affaires, sans rechercher son conseil ! Dans nos troubles, nous luttons constamment pour porter nos fardeaux, au lieu de les déposer aux pieds du Seigneur qui peut nous soutenir ! Ne dit-il pas « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos».

Oui, il faut le reconnaitre et le dire que c’est notre propre faute si nous n’utilisons pas librement la richesse de notre Dieu. Alors, puisque tu as un tel ami, et qui t’y invite, utilise-Le chaque jour. Avec Dieu tu ne devrais avoir aucun autre besoin ; aucune crainte ni aucune faiblesse puisque tu l’as pour t’aider.

Oui, va à ton trésor et prends tout ce dont tu as besoin, il y a là tout ce qui peut te manquer. Sois enseigné sur l’habileté divine de Dieu qui veut faire toutes choses pour toi. Il peut tout te fournir, car il est à toi en présence de toutes choses.

Ainsi, bien-aimé(e)s, faisons usage de notre Dieu. Utilisons-le dans la prière, allons vers Lui très souvent, parce qu’iL est notre Dieu. Voudrions-nous négliger d’utiliser un si grand privilège ? Courons vers Lui, exposons-Lui tous nos besoins. Utilisons-Le constamment par la foi, en tout temps.

Si quelque mauvaise providence t’a assombri, utilise ton Dieu comme un soleil ; si un ennemi puissant t’obsède, trouve dans l’Éternel un bouclier, parce qu’il est un soleil et un bouclier pour son peuple. Si tu as perdu ton chemin dans les labyrinthes de la vie, utilise-le comme un guide, parce qu’il te dirigera. Qui que tu sois, et où que tu sois, souviens-toi que Dieu fait seulement ce que tu désires, et seulement où tu le veux, et qu’il peut faire tout ce que tu veux, s’iL trouve que  cela est bon pour toi.

Que le Seigneur vous bénisse !!

Adèle et Valentin MAKOMRA

Souviens-toi de la promesse de ton Dieu.

« Souviens-toi de ta promesse à ton serviteur, Puisque tu m’as donné l’espérance ! »  Psaumes 119:49 

Bien aimé(e) dans le Seigneur, quel que soit ton besoin, tu peux toujours trouver quelque promesse dans la Bible qui lui convient.

Est-ce que tu es épuisé et faible parce que ton chemin est rocailleux ? Voici la promesse : « Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point. » Esaie 40 : 31. Quand tu as lu une telle promesse, reviens vers Celui qui l’a faite, et demande-lui d’accomplir sa propre parole.

Est-ce que tu recherches Christ, et es-tu assoiffé pour une plus étroite communion avec lui ? Voici une promesse qui brille comme le soleil sur toi : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! » (Mathieu 5:6 ). Apportez continuellement cette promesse au trône ; ne plaidez rien d’autre, mais allez vers Dieu encore et encore avec ceci : « Seigneur, tu l’as dit, fait comme tu l’as dit ».

Es-tu affligé à cause du péché, et accablé par la charge lourde de tes iniquités ? Écoute ces paroles : « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, Et je ne me souviendrai plus de tes péchés » (Esaie 43:25 ). Tu n’as pas à faire ton propre plaidoirie pour qu’il te soit pardonné, mais tu dois te fonder sur ses engagements écrits et il les exécutera.

Est-ce que tu es effrayé de ne pas pouvoir tenir jusqu’à la fin, et qu’après avoir pensé être un enfant de Dieu, tu puisses terminer par un naufrage ? Si c’est ton cas, apporte cette parole de la grâce au trône et fonde-toi sur elle : « Quand les montagnes s’éloigneraient, Quand les collines chancelleraient, Mon amour ne s’éloignera point de toi, Et mon alliance de paix ne chancellera point, Dit l’Éternel, qui a compassion de toi » Esaie 54:10 . Si tu as perdu le sens de la présence du Sauveur, et que tu la recherches avec un cœur affligé, souviens-toi des promesses : « Dis-leur donc : Ainsi parle l’Éternel des armées : Revenez à moi, dit l’Éternel des armées, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées ». Zacharie 1:3  « Quelques instants je t’avais abandonnée, Mais avec une grande affection je t’accueillerai ;»  (Esa 54:7)

Fonde ta foi sur la propre Parole de Dieu, et quels que soient tes peurs ou tes besoins, va à la Banque de la Foi avec les billets de ton Père, disant : « Souviens-toi de ta Parole envers ton serviteur, car c’est sur cette Parole que j’ai mis mon espérance ».

Bonne semaine en Jésus

Valentin Makomra adapté de Spurgeons.

Oublier Jésus-Christ !!!

« …après avoir rendu grâces, le rompit, et dit: Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; faites ceci en mémoire de moi. »

1Corinthiens 11:24

« Faites ceci en mémoire de moi » est une expression qui interpelle ou qui laisse croire que les  chrétiens pourraient oublier Christ ! En faite, si  telle supposition n’était pas, Il ne devrait pas y avoir besoin de cette exhortation affectueuse. Mais notons que ce n’est pas une vaine supposition.  Malheureusement, il est bien confirmé par notre expérience, que ce n’est pas une possibilité, mais un fait lamentable.

C’est vrai qu’il apparaît presque impossible d’oublier celui qui nous a aimés d’un amour éternel par Son  Fils, ce Sauveur tellement gracieux.  Oublier celui qui ne nous a jamais oubliés ! Oublier celui qui a versé son sang pour nos péchés ! Oublier celui qui nous a aimés même jusqu’à la mort ! Cela peut-il être possible ? Oui, cela n’est pas seulement possible, mais notre conscience même confesse que c’est tristement une faute pour chacun de nous, un peu comme quelqu’un de passage que nous hébergeons pour une nuit.

N’est-ce pas une réalité. Combien de fois avons-nous oublié Christ dans la prise de nos décisions, dans l’élaboration de nos projets ? Combien de fois n’avons-nous pas honoré à nos engagements ou promesses (témoignage de Christ dans nos milieux respectifs, dons pour l’œuvre du Seigneur, dîmes, offrandes, etc…)  vis-à-vis de Christ ?

Est-ce que votre conscience ne dit pas que ceci est vrai ? Est-ce que vous ne trouvez pas que vous êtes vous-même quelquefois oublieux de Jésus ? D’autres créatures ou choses accaparent votre cœur, et vous êtes oublieux de celui sur qui votre affection doit être fixée. Quelques affaires terrestres retiennent votre attention alors que vous devriez fixer votre œil fermement sur la croix. C’est l’agitation continuelle du monde, l’attraction constante des choses terrestres qui écartent notre âme de Christ.

Prions que le Seigneur éloigne de nous l’esprit de cupidité, bref de tout ce qui retient notre attention captif pour ne pas fixer nos yeux vers Jésus.

Bonne semaine en Jésus

Valentin MAKOMRA

Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement.

« Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement »

Ecclésiaste 7:8

  Biens aimé(e)s dans le Seigneur, Que retenir de ce verset en ce début d’année qui commence ? Que dire du Seigneur Jésus ? Voyez son commencement : Il a été méprisé et rejeté des hommes ; un homme de peine et accablé de douleur. Est-ce que vous voyez la fin ? Il est assis à la droite de Son Père, attendant jusqu’à ce que ce dernier fasse de ses ennemis son marchepied. « Comme il est, ainsi sommes-nous aussi dans ce monde. » Nous devons porter la croix, sinon nous ne porterons jamais la couronne ; une route remplie d’épines et de douleur peut aboutir dans notre chemin, à une chaussée pavée d’or. Relevons-nous alors, chers chrétiens car « Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement. » Considérons une chenille rampante : combien son apparence est repoussante ! Pourtant elle est le commencement d’une chose : un papillon aux ailes magnifiques, jouant dans les rayons du soleil, rempli de bonheur et de vie. Cette chenille c’est vous-même, jusqu’à ce que vous soyez enveloppé dans la chrysalide de la mort ; mais quand Christ paraîtra vous serez comme lui, car vous le verrez comme Il est réellement. Dans les moments pénibles chers chrétiens, Soyez heureux d’être comme lui, plein de patience, de douceur, d’amour malgré la souffrance et ainsi comme Lui, vous pourrez être satisfait lorsque vous vous réveillerez dans sa glorieuse ressemblance. Laissez la foi et la patience faire leur œuvre parfaite, car le jour où la couronne sera mise sur la tête du Roi, Éternel, Immortel, Invisible, un rayon de gloire proviendra de vous. « Ils seront miens, » dit le Seigneur, « le jour où j’en ferai mes bijoux.» « Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement.» Que cette nouvelle année 2013 qui commence vous remplisse de la sagesse de Dieu afin de racheter le temps et apprendre à vivre selon Dieu.

Se réjouir dans le service divin

« Dieu vous aime et il vous a appelés à vivre pour Lui. Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous bénissent et vous donnent la paix »

Romains 1 : 7

Vivre pour le Seigneur, se réjouir dans le service divin est un témoignage d’acceptation. Acceptation de l’amour, du don de Dieu à travers la bonne nouvelle promise par Dieu depuis longtemps dans les Saints Livres à savoir Jésus-Christ, son fils. Sachons que celui qui sert Dieu avec une figure affligée, parce qu’il ne fait pas ce qui lui est agréable, ne sert pas du tout.

Notre Dieu n’exige pas des esclaves pour orner son temple ou son Trône ! Il est le Seigneur du royaume d’Amour, et voudrait avoir ses serviteurs revêtus d’un costume de joie, de le servir avec des chants, non avec des gémissements. Un murmure ou même un soupir serait considéré comme une mutinerie dans leurs rangs. Une obéissance qui ne serait pas volontaire serait une désobéissance, car le Seigneur regarde le cœur, et s’Il voit que nous le servons de force, et non parce que nous l’aimons, il rejettera notre offrande. Un service doublé de bonne humeur est un service du cœur, et c’est pourquoi il est véritable.

Enlevez la joyeuse bonne volonté du chrétien, c’est  faire échouer l’épreuve de sa bonne foi.  Tel un homme qui marche au combat avec un œil étincelant et un visage rayonnant en proclamant qu’il est agréable de mourir pour son pays démontre la sincérité de son patriotisme.

La bonne volonté est le soutien de notre force dans la joie du Seigneur, et c’est alors que nous serons forts et pourrions vivre pour le Seigneur. Ainsi, biens aimé(e)s dans le Seigneur, dans cette disposition de bonne volonté, accueillons donc  le Seigneur, raison fondamentale de notre existence.

Bonne fête de noël . Que le Seigneur soit accueilli en chacun de nous pleinement.

Valentin Makomra

Appel à la joie

« Que devons-nous donc faire ? » Luc 3 : 10b

Comment vivre dans la joie dans un monde qui ne cesse de générer des inquiétudes de toutes sortes (situations de détresse, victimes de maltraitances, échecs, manque d’emploi, maladies, etc..) pour nous et nos proches ? En lisant par exemple Sophonie 3 : 14-18 et Philippiens 4 : 4-8, nous voyons bien que ces messages d’appel à la joie ont été précisément écrits pour des gens qui souffrent.
La première lecture fait allusion à un peuple familier des exodes et des exils à travers le désert. C’est au cœur de cette douloureuse épreuve que le prophète Sophonie lui adresse un message de joie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! » La cause de cette joie c’est la présence de Dieu au milieu de son peuple. Alors la peur doit disparaître et la joie doit éclater.
C’est aussi un appel à la joie que nous retrouvons dans la deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Philippiens. Et pourtant, c’est un homme très éprouvé qui leur écrit. Il a, en effet, été arrêté et mis en prison. Mais dans cette douloureuse épreuve, il découvre une sérénité qu’il désire faire partager avec les philippiens. Si nous devons être dans la joie, c’est parce que le Seigneur est proche. Paul nous recommande de nous abandonner joyeusement à Dieu en lui remettant tous nos soucis. C’est à cette condition que nous recevrons la véritable paix et que nous deviendrons à notre tour des artisans de paix.
En réponse à la question « Que devons-nous faire » se trouve le chemin de la véritable joie. Voilà une question importante pour nous aujourd’hui. Nous ne pouvons pas nous contenter de belles pensées, intentions ou de belles paroles. Ce qui est prioritaire c’est de « faire », c’est-à-dire d’agir selon nos convictions de foi en jésus-Christ. Notre attente de la venue glorieuse du Christ ressuscité ne peut être passive. Elle doit se nourrir chaque jour de l’Évangile et de la prière.
Alors, que devons-nous faire ? On pourrait penser à des choses extraordinaires. Mais ce n’est pas cela que Dieu attend de nous. Les recommandations de Jean Baptiste sont toujours valables : pratiquer la justice et la miséricorde. « Que celui qui a deux vêtements partage avec celui qui n’en a pas. Et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ». Aujourd’hui, Jean Baptiste nous rappelle que la seule réponse valable c’est le partage.
Puis viennent les publicains considérés comme des traitres, ils sont particulièrement méprisés. Ils augmentent le tarif qui leur est imposé, ce qui leur permet de s’enrichir au détriment des plus pauvres. Mais à leur question : Que devons-nous faire? On pourrait même penser qu’il leur demanderait des actes extraordinaires. En fait il se contente de leur demander de faire honnêtement leur métier : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé ». Évitez les malversations. Ne vous enrichissez pas au détriment des plus pauvres.
Enfin, viennent les soldats qui posent la même question : « Que devons-nous faire ? » Jean Baptiste leur recommande de ne faire ni violence ni tort à personne. Eux qui avaient l’habitude des pillages sont invités à se contenter de leur solde.
La solidarité et la justice sont deux exigences fondamentales. Sans elles, on ne peut pas bien préparer la venue du Seigneur dans notre vie. Alors, cela vaut la peine de nous poser la question : « Que devons-nous faire ? Depuis Jean Baptiste, la réponse n’a pas changé : le respect de l’autre, le partage, la solidarité et la justice en Jésus-Christ.

Que le Seigneur vous bénisse!

Adèle & Valentin MAKOMRA

Savoir comment vivre et comment mourir

Par Dr. Robert Kolb, trad. Jean Baptiste Mbérébé.

De la Norvège au Nigeria, de Hambourg et Helsinki a Houston et Hong-Kong, à travers les langues telles l’Amharique ou le Zulu, pendant plus de 450 ans d’innombrables jeunes se sont battus pour mémoriser un petit livre au fur et à mesure qu’ils grandissaient, et d’innombrables vieillards se sont battus pour prier ses mots alors qu’ils gisaient sur leur lits mourant. Ce petit livre, c’est le Petit Catéchisme de Dr. Martin Luther. Pourquoi ? Qu’y a-t-il de si particulier dans ce petit livre de pas plus de huit mille mots ?

Luther lui-même a pensé que la contribution majeure de ses efforts de réforme a été que hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, aient eu à connaitre le Catéchisme. Cela signifiait que « ils savent comment croire, comment vivre, prier, comment souffrir et mourir », ainsi écrivait Luther en 1531, c’était là résultante de ce que « notre évangile_ à travers l’enseignement du Catéchisme_ a accompli.

Dans cette description de sa Reformation Luther ne faisait pas allusion à ce que nous appelons son Petit Catéchisme. Il utilisait le mot dans le sens des Chrétiens depuis l’église primitive, c’est-à-dire les fondamentaux de l’instruction dans la foi Chrétienne. Mais une génération seulement après, ses étudiants commencèrent à définir « le Catéchisme » comme les Catéchismes de Luther, le grand et le petit. Un de ses étudiants compara le catéchisme au produit de l’alchimiste qui soustrait la quintessence, la substantifique moelle, le pouvoir, suc et noyau d’une substance pour un usage spécial. Christophe Fischer affirmait que Dieu a préparé dans le Catéchisme un extrait des Ecritures. Un autre disciple, Joachim Morlin, comparait Luther à une « petite abeille travailleuse qui avait retiré le miel à salut de toutes les roses et autres douces fleurs du paradis de Dieu et l’a versé dans sa petite cruche qu’est son Petit Catéchisme. » Des descriptions plus fréquentes du genre de Nicholaus Gallus, l’ami de Morlin, peignaient les Catéchismes de Luther comme « une balance, une pierre de touche, un niveau ou un plomb exact, ou un compas certain et dépourvu d’erreur. »

Mais pourquoi ? Pourquoi tant de personnes trouvent ce petit livre si important ? C’est parce que le Petit Catéchisme est plus qu’un livre, c’est une manière de vie. Ou plus exactement, il développe une certaine vision du monde, à partir de laquelle nous vivons comme croyants en Jésus Christ. Le Catéchisme crée une certaine mentalité, qui s’ancre dans les Saintes Ecritures et croît de sa sève nourrissante. C’est un manuel du comment vivre chrétien.

Martin Marty, décrivant le Grand Catéchisme d’une manière tout aussi applicable au Petit, affirmait que l’ouvrage n’était ni théologie systématique ou dogmatique, ni traité d’éthique, ni simple document d’histoire, ni exégèse biblique au sens propre. Il est, dans un sens, tout ceci à la fois et aucun d’eux en même temps. Plutôt, « il pose la question, ‘comment vivre comme Christ se présente-il si je crois au pardon des péchés ?’ » Marty conclut son ouvrage sur le Grand Catéchisme (le titre duquel décrit cette vie catéchétique dans ces termes, La Discipline Cachée) en observant que la vie sous le pardon des péchés est vécu, ni sous le poids écrasant de la loi de Dieu, ni dans l’abus de la grâce qui conduit à mener une vie désordonnée – d’iniquité ; au contraire, cette vie de pardonné est vécue sous la délivrance divine de l’oppression que chaque culture impose à ceux dont elle veut organiser la vie. L’évangile offre un autre point de référence pour tout plan dans quelque culture que ce soit pour l’organisation de la vie humaine. Marty désigne les Dix Commandements comme le « juge » d’une telle vie vécue sous la discipline cachée que crée l’évangile. La « formule » d’une telle vie est le Credo, et son « chant de combat » est la Prière Dominicale, poursuit-il, et de conclure avec l’observation selon laquelle la confession et absolution libère la créature humaine pour vivre de manière responsable, alors même que nous progressons du baptême, qui est la source de notre nouvelle vie, vers l’accomplissement qui est préfiguré dans la Sainte Cène, sorte de répétition générale pour le banquet eschatologique. Et nous pouvons ajouter, en rapport avec les deuxième et troisième paragraphe du Petit Catéchisme, que la vie est vécue dans la méditation personnelle et familiale et l’accomplissement des responsabilités dans les divers vocations au travers desquelles Dieu structure toute vie humaine.

Mais pourquoi le Catéchisme doit-il être un document clé dans le vivre chrétien ?

ENSEIGNER L’ENSEIGNEMENT DIVIN

Le Catéchisme existait bien avant Luther, bien avant que Luther ne transforme le sens du mot pour désigner un livre. Le mot Grec pour catéchisme signifie simplement « instruction ». Dans ce mot nous retrouvons la racine du mot échos. C’est dire que catéchisme a trait au son, au discours humain, à la récitation, mais plus encore à la confession et à la proclamation. Dans ce processus de catéchisation ou d’instruction la Parole de Dieu bondit de la vie de l’enseignant à celles des autres chrétiens. Ce catéchisme présuppose que Dieu est une personne, le créateur qui crée par le parler_ qu’il est un Dieu de la conversation et de la communauté. Le Symbole des Apôtres est un exemple d’un instrument catéchétique des temps primitifs_ même si le Credo a servi aussi à d’autres fonctions, parmi lesquelles, bien entendu, la confession de foi, qui est certainement aussi une fonction du catéchisme.

Etroitement lié au concept de catéchisme ou instruction, est le concept de doctrine ou enseignement. La définition que Luther donne du mot doctrine diffère de la définition usuelle du vingt unième siècle en trois points : premièrement, lui et ses collègues ont conçu de la doctrine comme enseignement en deux acceptions ; non pas seulement comme le contenu ou le résumé de la foi qui peut être imprimé sur une page ou récité à un maître, mais aussi comme la communication de ce contenu à d’autres personnes. Une doctrine n’existerait jamais uniquement pour le profit de celui qui la « possède ». Une doctrine doit toujours être en mouvement, selon Luther et son ami Philippe Melanchthon, en mouvement d’enseigner ou de communiquer le contenu à ceux qui ont besoin de l’entendre, et ainsi en mouvement pour donner vie au croyant. Une doctrine est, selon la phrase de Peter Fraenkel, un « substantif verbal ». La doctrine doit être constamment en action.

Bien plus, il ne s’agit pas seulement d’un substantif verbal dont nous sommes le sujet ; Dieu est à l’œuvre dans les paroles de notre enseignement. Il examine et juge nos vies par les Dix Commandements, et il restore notre vie en se faisant connaitre à nous à travers le Credo. Il nous donne dans la Prière Dominicale les paroles qui établissent notre vie, alors même que l’Esprit soupire en nous en réaction à sa parole dans toutes ses formes, sacramentelle aussi bien qu’orale et écrite. Dieu nous prépare à affronter chaque jour en nous tournant constamment à lui dans la méditation et la prière pendant que nous accomplissons la vocation qu’il nous a donnée, en servant le prochain. Notre doctrine, c’est sa Parole vivante, le pouvoir divin en liberté. Car la conversation divine est engageante, elle donne et transforme la vie. Que les pécheurs en soient conscients.

Ainsi, pour les réformateurs de Wittenberg, la doctrine n’était pas que de « simples mots », car les mots ne sont jamais que de simples mots. Luther croyait que la Parole de Dieu avait amené la réalité à l’existence lorsque Dieu dit, « que … soit » au moment de la création du monde (Gn. 1). La parole du Seigneur accomplit la volonté de Dieu, et elle réalise le but pour lequel Dieu l’a prononcée (Isaïe 55 :11). Luther croyait que les paroles qui communiquent l’évangile sont le pouvoir même de Dieu, en action pour le salut de son peuple (Rom. 1 :16).

Luther et Melanchthon considéraient la doctrine comme le contenu de l’Ecriture, qui révèle ce que Dieu est et ce qu’il a fait pour nous. Ils n’utilisaient pas ce terme pour désigner les doctrines particulières de ce tout de l’enseignement biblique qu’est la doctrine. Plutôt ils utilisaient le terme « articles de foi », pour désigner ce que nous appelons doctrines, lorsqu’ils rédigeaient des confessions de foi, et ils utilisaient le terme thème (Latin loci) lorsqu’ils écrivaient un traité de doctrine.

Cette distinction sémantique n’est en fait pas très importante ; ainsi dans le présent ouvrage nous désignerons l’ensemble de l’enseignement biblique par le vocable « enseignement » (singulier), et les différentes parties de cet ensembles, du vocable ‘enseignements’( pluriel). Cependant il est important de noter qu’il n’y a pas un nombre fixe de doctrines bibliques, de thèmes ou d’articles de foi. Les doctrines sont formulées selon la nécessité, à partir de l’enseignement biblique, afin de faire connaitre au monde ce que Dieu veut nous faire entendre.

En 1530 lorsque Melanchthon composait la Confession d’Augsbourg, il conclut qu’il y avait vingt et un sujets d’importance doctrinale (et sept relatifs à la pratique) sur lesquels le monde, vue par l’église officielle d’alors, demandait une confession. D’autres confessions écrites par d’autres Luthériens de XVIème siècle, avaient plus, ou moins d’articles, de doctrines, et ils utilisaient une différente terminologie pour exprimer les mêmes concepts, selon la nature du défit auquel la foi était confrontée, ou de la qualité des personnes à qui ces confessions étaient destinées. Ceci est aussi vrai concernant bien d’autres écrits luthériens de l’époque, y incluent les différentes versions du Catéchisme de Luther que ses successeurs ont rédigées. L’enseignement biblique (singulier) demeure néanmoins le même. Les différentes manières par lesquelles nous organisons et paraphrasons ses enseignements (pluriel) pour un auditoire particulier peut parfois changer avec les nouveaux défis et les besoins de ceux que nous enseignons.

Nous formulons notre enseignement de l’enseignement biblique à l’intérieur de limites bien définies, à l’intérieur de lignes tracées à partir de l’image que nous avons du monde, à partir des présuppositions et des présomptions, à partir de notre cadre conceptuel pour traiter de la vie. La plupart d’entre nous est inconscient du cadre conceptuel avec lequel nous menons toute réflexions. Du fait que nous ignorons les principes et présuppositions qui forment the fondement de notre réflexion, notre enseignement s’égare parfois vers des directions où nous ne voulons pas aller.

A titre d’exemple, tous les Luthériens de la première heure voulaient insister que nous sommes sauvés seulement par la grâce de Dieu. Certains parmi eux écrivirent SEULEMENT en majuscule pour marquer leur point – et pourtant ils procédèrent à parler de la nécessité pour la volonté humaine d’accepter cette grâce divine avant qu’elle ne devienne effective dans notre vie. Ils commirent deux erreurs : en premier lieu, ils n’ont pas clairement établi et distingué le sujet spécifique dont ils voulaient parler : la grâce de Dieu (c’est l’évangile) et la responsabilité humaine (la loi). Deuxièmement, ils ne se sont pas rendus compte qu’en utilisant le concept d’acceptation, ils fondaient leur enseignement dans un cadre conceptuel qui définissait la créature humaine comme étant cet adulte consentant, contractant et responsable. Luther par contre avait vu en l’être humain qui devenait un croyant – à la nouvelle naissance – comme un petit enfant, un nouveau-né ( Mt 18 :3). Ainsi un cadre conceptuel non-biblique avait fini par empêcher et détruire leur usage des termes et locutions bibliques.

Un deuxième exemple peut être tiré de la controverse entre Luthériens et Calvinistes au sujet de la présence réelle du corps et du sang du Christ dans la Sainte Cène. Les Luthériens supposaient que Dieu peut et en fait choisit certains éléments de la création pour accomplir sa volonté de sauver. Ces éléments comprenaient la chair de Jésus de Nazareth, un langage humain dans lequel l’évangile est transmis, et le pain et le vin qui transmettent à nous le corps et le sang du Christ. Les Calvinistes eux présupposaient que le finit ne pouvait porter l’infini. Cette différence de présuppositions avaient été reconnue par des théologiens du XVIème siècle, mais le terrain de la dispute glissait souvent loin de la question des présuppositions. Et le débat fit indéfiniment rage parce que les différentes présuppositions conditionnaient Luthériens et Calvinistes à la réflexion sur deux différentes longueurs d’ondes.

NOUS PRESUMONS ET PRESUPPOSONS

Luther formula et enseigna la doctrine biblique à partir d’une cadre de réflexion qu’on peut exprimer en plusieurs phrases. Nous les rencontrons à plusieurs points dans notre lecture du Catéchisme, même si elles ne se retrouvent pas en autant de mots dans le texte. L’élément le plus courant de ce cadre conceptuel est la « distinction appropriée de la loi et de l’évangile. » Luther était convaincu que Dieu parle à deux sortes de pécheurs par deux messages différents, la loi et l’évangile. Le premier établit clairement les attentes de Dieu envers l’action humaine, le second annonce la parole recréatrice de Dieu réalisée en la mort et la résurrection de Jésus. Ces messages sont complémentaires même si pour nous ils paraissent souvent contradictoires. La contradiction ne se trouve pas dans ce que Dieu nous dit, mais plutôt dans la vie remplie de péchés que nous menons. Une catégorie de pécheurs, ceux qui se sentent en sécurité en dehors et sans Dieu, ne peuvent avoir droit qu’à la loi. Elle condamne. L’autre catégorie de pécheurs, qui reconnait que la vie ne peut être vécue sans Dieu, a besoin d’écouter et de vivre par l’évangile. L’évangile donne la vie, il restore la paix d’Eden – ce que les Hébreux appellent Shalom.

Etroitement liées à la distinction de la loi et de l’évangile sont les distinctions qu’il établit la manière dont Dieu gouverne le monde, et corollaire, son expression distincte de l’anthropologie biblique, sa façon de définir ce qu’est l’humain, les deux sortes de droiture humaine.

Dans notre relation avec Dieu (dans ce que Luther appelait souvent le domaine de droite) Dieu agit envers nous à travers l’évangile, l’expression de son inconditionnel amour envers le peuple qu’il s’est choisi. Dans notre relation avec les autres créatures – les humains bien sûr, mais aussi les animaux, végétaux et minéraux – Dieu a structuré nos actions à travers la loi. Aussi est-il important de distinguer le domaine dans lequel notre agir se situe : est-ce celui où nous entrons en relation directe avec Dieu ? Ou est-ce celui où nous interagissons avec les autres en son nom ? Car dans notre relation avec lui, nous demeurons des enfants, mais dans notre relation avec les autres, nous exerçons la responsabilité de l’adulte que Dieu nous a assignée.

La distinction judicieuse de la loi et de l’évangile et la distinction des deux domaines sont toutes deux liées à la distinction que fait Luther entre les deux types de droitures. La distinction de la loi et de l’évangile décrit Dieu, et les deux voies par lesquelles Dieu communique avec ses créatures humaines, ou deux différents messages qu’il a pour elles. La distinction des deux domaines ou gouvernements parle de deux sphères de relation entre les êtres humains et leur créateur. Les deux types de droiture humaine décrivent la nature humaine en tant que créature et enfant de Dieu. Dans la préface a son commentaire de 1535 sur l’épitre aux Galates, Luther a appelé cette distinction « notre théologie ». Ce qui rend l’être humain ‘droit,’ ‘juste’ ou ‘véritablement humain’ dans sa relation avec Dieu est différent de ce qui nous rend droit ou juste ou véritablement humain dans notre relation avec les autres créatures. Dans notre relation verticale nous sommes droits parce que Dieu dit que nous sommes justes, parce qu’il proclame que nous le sommes, avec et a travers sa parole créatrice et recréatrice. Notre droiture repose uniquement sur sa faveur envers nous dans cette relation. Son évangile établit notre droiture en nous attribuant la droiture de Jésus Christ.

Dans la relation avec les autres créatures, dans cette dimension horizontale de notre vie, nous sommes droits en termes de notre amour envers le prochain. Ceci est la droiture dans l’agir, et non l’être, dans la réponse aux ordonnances divines – sur la base de ses promesses, pour les Chrétiens bien entendu. Mais la conception que Luther a de la droiture civile nous rappelle que dans la relation horizontale, ce qui compte d’abord c’est l’accomplissement d’un acte. L’évangile motive à proprement parler cette sorte de droiture-la. Néanmoins, en son absence, la raison humaine peut toujours produire un facsimile du dessein de Dieu pour la vie humaine. Ici la droiture se trouve dans l’accomplissement des responsabilités de l’adulte. Dans la sphère verticale la droiture se trouve dans le fait d’être enfant de Dieu, dans la réception du don de la filiation par la foi que Dieu lui-même crée et accorde.

Un autre des éléments du cadre conceptuel de Luther a été appelé ‘théologie de la croix’ . Très tôt dans sa carrière Luther constata sa théologie (« la croix est notre théologie », disait-il) avec la théologie de gloire de ses adversaires. Son concept de théologie cruciforme murira en un compas à quatre points pour toute instruction biblique.

Premièrement, cette théologie contrastait le ‘Dieu caché’ avec le ‘Dieu révélé’. Le Dieu caché, c’est-à-dire Dieu tel qu’il est dans les cieux hors de notre portée, est exactement cela : un Dieu hors de notre portée et de notre vue et de toute définition. Il est accessible seulement à travers notre imagination, ce qui revient à dire qu’il n’est pas du tout accessible. Résultat, lorsque nous essayons de conceptualiser ce que Dieu pourrait ou devrait être, nous faisons ce que le philosophe Allemand du XIXème siècle, Ludwig Feuerbach appela « créer Dieu à notre propre image. » Nous voudrions d’un Dieu glorieux, alors nous dépeignons Dieu comme glorieux selon les termes par lesquels nous comprenons la gloire.

Luther enseignait plutôt que nous ne devrions jamais spéculer sur ce que Dieu pourrait être en dehors de sa révélation de lui-même en Jésus Christ. Mais paradoxalement le Dieu révélé, la parole faite chair, s’est caché là où les humains, qui cherchent la gloire, n’oseraient jamais regarder, dans la personne d’un pauvre et ancien Juif, dans la faiblesse et la folie de la croix : Dieu est accessible seulement à ceux qui ne le cherchent pas à travers la gloire des preuves rationnelles ou à travers la gymnastique intellectuelle, mais plutôt dans la foi simple, confiante et infantile. Luther était un professeur d’université ; il n’était ni antirationnel, ni anti-intellectuel. Il avait embrassé la raison comme un outils pour exercer la dominion donnée par Dieu, ceci sous l’univers et en service à celui-ci. Mais Luther objecta férocement à l’abus de la raison qui voulait désormais donner forme à Dieu, au lieu de simplement l’écouter dans la confiance et la dépendance.

En troisième lieu, la theologie de la croix de Luther présumait que la puissance de Dieu était rendue parfaite dans sa propre faiblesse, ainsi que la nôtre (2 Cor 12 :9). Sa théologie est centrée sur la mort de Jésus « pour nous et pour notre salut. » Luther était certain que seuls l’incarnation de Dieu et son sacrifice de lui-même peuvent effectivement traiter le problème du mal, et donner un sens à la vie dans un monde pervers. Même s’il considérait l’incarnation, la vie d’obéissance, et les souffrances du Christ comme des parts nécessaires dans les acte de salut de Dieu, il confessait avec l’apôtre que Christ est mort pour en finir avec notre péché et il est ressuscité pour résoudre le problème de notre restauration dans la droiture (Rom 4 :25).

Quatrièmement, Dieu « mortifie notre chair », c’est-a-dire qu’il crucifie nos désirs iniques à travers la repentance quotidienne et la souffrance qui nous conduit à nous tourner vers lui. Le Saint Esprit travaille à démolir les cœurs de pierre et leurs pratiques de défiance contre sa loi, ceci en vue de remplacer en nous les habitudes de l’enfer par celle du ciel.

Cinquièmement, la manière par laquelle Dieu traite du mal est devenue la manière par laquelle son peuple traite du mal : à travers la soumission au mal et aux maux des autres, par le sacrifice de soi et le renoncement à soi, par la souffrance et le service. L’appel à suivre Jésus, observait Dietrich Bonhoeffer, est un appel à venir pour mourir, a la fois comme un pécheur devant Dieu, et comme un serviteur devant les hommes. Bonhoeffer a ici bien saisi la pensée de Luther sur la vie imprimée de la croix. Nous avons le privilège de porter la croix les uns des autres, même si elles nous apportent tristesse et douleur, lesquelles livrent bataille à notre joie.

NOUS SOMMES INSTRUIS, NOUS CROYONS, ENSEIGNONS ET CONFESSONS – ET NOUS LOUONS

Dans leurs confessions publiques, par exemple dans la Formule de Concorde, les disciples de Luther utilisaient fréquemment la phrase, « nous croyons, enseignons et confessons. » Luther enseignait que la foi d’un individu reposait toujours sur l’enseignement de quelqu’un d’autre. Il présumait qu’une chose telle que l’individu n’existe pas : nous sommes tous créés pour la communauté (Gn 2 :18), pour être avec Dieu et avec les autres. Il présumait que Dieu était a l’œuvre par la puissance de sa parole, et que les croyants parvenaient a la nouvelle vie en Christ lorsque d’autres croyants utilisent l’évangile – sous une forme ou une autre – pour permettre la nouvelle naissance, une nouvelle création (Rom 10 :14-15). Ainsi donc, ma foi repose toujours sur le fait que le Saint Esprit utilise l’usage qu’un autre fait de la Parole.

Le croire est inexorablement lié à l’enseigner. Le peuple de Dieu ne peut se taire, précisément parce qu’ils sont les enfants de Dieu, des morceaux de bois tombés du vieux tronc, qui imitent – projettent l’image de – leur Père céleste tel que les enfants sont toujours prompts à imiter leurs parents. Ceux qui ont été enseignés enseignent à leur tour.

Et cet enseignement c’est la confession de foi (Rom 10 :6-10). Pour les Luthériens du XVIème siècle, ‘confession’ dans le sens du credo, était un autre substantif verbal. Ainsi, un ‘luthérien confessionnel’ n’est pas simplement quelqu’un qui s’accroche aux documents confessionnels du Livre de la Concorde ; être un ‘luthérien confessionnel’ veut dire c’est mettre en pratique le contenu de ces documents. C’est se tenir debout sur la place du marché, dans les couloirs du Parlement – tout comme les auteurs de la confession l’ont fait à Augsbourg – et faire connaitre au monde que ce que nous croyons et enseignons à nos enfants mérite d’être écouter par tous sur la planète terre.

La confession fleurit pour devenir adoration. Elle est déjà adoration de Dieu, dont nous célébrons les actions en notre faveur dans l’acte de confession. Nous devons nous rappeler que l’adoration de Dieu par notre vie et notre liturgie est aussi inextricablement liée au catéchisme, à l’instruction et à l’enseignement. L’enseignement du Catéchisme doit intégrer l’apprentissage avec la louange à Dieu. Quand ils meurent et ressuscitent d’entre les morts, les enfants de Dieu ne peuvent ne pas s’éclater en chants nouveaux. Le Saint Esprit vient de marquer un nouveau score pour les vies en les retournant dans l’harmonie perdue du Jardin d’Eden. Leur vie fredonne, leurs yeux chantent, leurs bouches portent la mélodie divine dans tous les coins et recoins de l’existence humaine.

L’EGLISE A TOUJOURS ENSEIGNE

La Parole est l’outils de création et de recréation de Dieu. Ainsi donc, l’église a toujours instruit ses fidèles et offert son enseignement même à ceux au-delà de ces murs. L’église utilisait deux genres d’instruction : une doctrinale, l’autre morale. Les Chrétiens utilisaient très souvent le format question-réponse pour communiquer leur enseignement, indiquant par là même que les sujets que les fidèles apprenaient sont conçus pour la confession de foi, destinés à alimenter leur conversation aussi bien avec les chrétiens qu’avec les non-croyants. Malgré le fait que le catéchisme moral et celui doctrinal étaient maintenus distincts dans l’église primitive, ils étaient plus souvent utilisés en tandem. Car le catéchisme n’est pas la philosophie, c’est le cœur même de la vie Chrétienne.

A l’époque de Luther l’église avait déjà développé une douzaine d’éléments catéchétiques. Ils comprenaient des ensembles de formules pieuses pour le bon vivre, des questions-réponses types et des listes d’ordonnances et d’interdictions. Jeunes comme vieux étaient exhortés à connaitre la liste des sept péchés mortels, ou des sept dons du Saint Esprit, ou des six œuvres de la miséricorde temporelle et des six œuvres de la miséricorde spirituelle, etc. Mais l’essentiel du catéchisme de l’église médiévale consistaient en quatre éléments : le Credo, la Prière Dominicale, les Dix Commandements et le Ave Maria.

Pour l’église du Moyen Age Supérieur, cet essentiel du catéchisme remplissait plusieurs fonctions : c’était la base de l’instruction chrétienne ; c’était le sujet d’une forme spéciale de prédication ; il offrait le moyen pour évaluer la compétence des abbés et toute autre personne qui voulait assumer certaines fonctions ecclésiastiques ; c’était une part vitale dans la vie de l’église à la fin du XVème siècle.

LE CATECHISME DE DR. MARTIN LUTHER, LA PERLE EN OR

Aussitôt que Luther compris l’importance du mouvement de réforme de l’église qu’il dirigeait, il se rendit compte que cette église avait aussi besoin d’améliorer l’instruction des laïcs (bien sûr du clergé aussi, mais c’était là une toute autre affaire). Selon les habitudes des moines du Moyen Age, Luther avait à plusieurs reprises, entre les années 1510 et 1520, prêché le catéchisme ou du moins certaines parties, et ses collègues de Wittenberg en faisaient de même. En 1517 et 1518 Luther avait présagé l’approche qu’il allait utiliser pour préparer à la fois le Petit et le Grand Catéchisme in 1529. Il publia des homélies sur les Dix Commandements en version populaire, dans la langue allemande pour les lecteurs laïcs, et aussi une version en Latin pour les pasteurs. Son pasteur, Johan Bugenhagen, lui, avait ajouté les Sacrements à ses prédications du Catéchisme en 1525. Comme Luther réalisait de plus en plus l’utilité de l’imprimerie dans la propagation de la Réformation de l’église, et l’utilisait régulièrement, il commença à réfléchir de plus en plus à la publication d’un manuel catéchétique pour l’usage des laïcs et des pasteurs.

Il commença par exprimer ses idées aux gens et aux pasteurs à travers des traités sur des sujets spécifiques. Il reconnut que ceux-ci avaient premièrement besoin d’une bonne version des Saintes Ecritures dans leur propre langue ; c’est ainsi qu’il traduisit le Nouveau Testament en Allemand en 1521-1522. Il savait qu’une bonne prédication était capitale à la repentance et à la réforme, ainsi il prépara des ‘postilles,’ des livrets de sermons qui pouvaient servir de modèles de prédication évangélique. Il développa des liturgies et des hymnes afin de donner à ses disciples une forme biblique du culte public. Et avec tous ces projets, il ne trouvera pas le temps de s’impliquer dans l’enseignement chrétien au niveau local. Par ailleurs ses collègues Johannes Agricola, Justus Jonas et Philippe Melanchthon, faillirent tous à produire, sur ses exhortations, un manuel satisfaisant pour l’enseignement des enfants.

Et, en 1527 Luther et Melanchthon visitaient des paroisses les contrés Saxonnes autour de Wittenberg, en guise d’inspection ordonnée par le Prince de Luther, l’Electeur Jean de Saxonie, des églises de son territoire. La situation spirituelle de la paysannerie choqua Luther, comme il le rapporte dans la préface du Petit Catéchisme (§ 1-3). Il avait trouvé les roturiers, en particulier ceux des zones rurales, ignorants même les fondamentaux de la doctrine chrétienne. Ceci était dû, avait-il conclu, à l’incompétence de beaucoup de pasteurs. Il déplora les abus de la liberté chrétienne qu’il avait rencontrés chez les ‘bêtes sauvages’ qui étaient censés être chrétiens, et pourtant ignoraient tout du Décalogue, du Crédo et de la Prière Dominicale.

Ainsi donc, en 1528 Luther pris sur lui de composer une méthode évangélique d’instruction chrétienne, et commença à travailler sur son manuel (ou Enchiridion, comme il fut premièrement désigné, en utilisant le terme Grec), ceci en prêchant trois série d’homélies catéchétiques en Mai, Septembre et Décembre 1528. Ensuite, et probablement avec l’assistance de son étudiant qui avait pris de précieuses notes de ses homélies, Luther composa son programme d’éducation chrétienne, que son étudiant Johannes Tetelbach appela ‘perle dorée.’

Ce programme prit corps sous trois formes différentes : premièrement, un tableau mural sur lequel étaient imprimes les explications de Luther des éléments fondamentaux de la connaissance Chrétienne, que l’on pouvait accrocher sur un mur et réviser en famille ; en second lieu, le même contenu sous forme de livre, destiner aux chefs de famille pour usage dans l’instruction des enfants et des servants et servantes de la maison dans les fondamentaux de la foi (le Petit Catéchisme) ; tertio, un manuel du maitre, destiner aux pasteurs et chefs de familles pour les guider dans la cat2chese de ceux qui sont a leur charge (le Grand Catéchisme). Pour les étudiants, il utilisait la formule traditionnelle question-réponse, et pour les enseignants, quelque chose proche du sermon de style expositoire.

Luther suivit l’usage médiéval (par exemple, l’énumération des Dix Commandements) et la terminologie de cette époque. Mais il changea l’ordre des parties du catéchisme. Les manuels de catéchisme médiévaux arrangeaient les parties dans l’ordre Crédo, suivi de la Prière dominicale, puis le Décalogue, ceci jusqu’en 1450. Après cette date beaucoup de catéchismes plaçaient la Prière Dominicale avant le Crédo et les Dix Commandements. Probablement Luther changea l’ordre pour les deux raisons suivantes : primo, il pensait que toute la doctrine chrétienne pouvait être résumée dans le Premier Commandement, et donc il apparaissait logique de commencer par là.

Deuxièmement, dans la rencontre de Dieu avec l’être humain, la loi_ les Dix Commandements_ précède l’évangile_ le Crédo. Même si dans son missel allemand de 1526 Luther utilisa encore l’ancien ordre quand il discutait de l’éducation chrétienne, pourtant dès 1520 il avait déjà compris la progression naturelle du Décalogue au Crédo et à la prière Dominicale. Dans un manuel catéchétique écrit cette année-là, il résumait les trois premières parties du catéchisme médiéval en indiquant qu’il fallait connaitre trois choses pour avoir le salut : (1) ce que nous devons faire et ce que nous ne devons pas faire ; (2) realisant que nous ne pouvons pas de nous mener cette vie, savoir où chercher la force pour vivre cette vie ; (3) comment chercher cette puissance. Les Dix Commandements font le diagnostic de notre maladie. Le Crédo nous dit où trouver le remède qui peut nous guérir. La prière Dominicale exprime la foi qui répond à l’annonce de la cure par le Crédo.

Luther omit la quatrième partie du catéchisme médiéval, le Ave Maria, de son propre catéchisme. Il honorait Marie la Mère de Dieu, comme l’église ancienne avait ainsi exalté la Vierge bénie, mais il s’opposa à l’extrême dévotion à lui exprimée par l’église du Moyen Age Supérieur.

Luther avait aussi augmenté son Catéchisme. Il suivit Bugenhagen en ajoutant un exposé sur les sacrements, et en ajoutant aussi un paragraphe sur le culte familial et un Tableau des vocations chrétiennes, qui pouvait servir comme guide pour le vivre chrétien dans paramètres établis par Dieu pour les êtres humains.

Trois décennies plus tard, l’un des étudiants de Luther, Johann Mathesius, rapportait, alors même qu’il n’était pas le seul catéchisme luthérien en circulation, que le Petit Catéchisme avait vendu cent mille copies en ce temps-là, une vente phénoménale pour un livre au XVIème siècle.

Ce petit livre a exercé un certain nombre de rôles dans la vie des églises et des chrétiens de la grande partie de l’Europe en ce temps-là. Il guida l’instruction chrétienne dans les maisons, et était la base de l’instruction religieuse en milieu scolaire. Les futures maris et femmes devaient démontrer qu’ils connaissaient le catéchisme par cœur car, s’ils ne le connaissaient pas, ils ne pouvaient évidemment pas assumer l’une des fonctions importantes de la vie du foyer, celle de guider l’un et l’autre, et surtout les enfants, dans la piété chrétienne. Les futurs maitres d’écoles devaient aussi démontrer une connaissance approfondie du Catéchisme et comment l’enseigner, car c’était là l’un de leurs plus importants rôles. Le Catéchisme continua de servir de texte de prédication, et aida à développer une certaine notion de la liturgie. Il servit comme standard confessionnel et comme la définition de l’être Luthérien : un abrégé du message biblique tel que les Luthériens l’ont compris, et un résumé de la manière de vivre qu’ils pensaient que Dieu voulaient que tous les humains aient et pratiquent en tant que ses enfants.

Cependant, selon le spécialiste de la Reformation Gerald Strauss, contemporain de Luther, les efforts de Luther en faveur de l’instruction chrétienne s’avèrent en grande partie vaines. Son étude extensive des archives de visite paroissiales et de la littérature homilétique de l’époque l’ont conduit à conclure que les Catéchismes de Luther n’avaient pas vraiment les luthériens allemands de la première partie du XVIIème siècle. Il trouva dans ces archives des complaintes contre les mêmes sortes de péché et de vice qui avaient troublé les hommes d’église avant la Réformation. Il conclut donc que la formation catéchétique de Luther n’avait pas réussi à transformer la piété du peuple allemand.

Des objections aux conclusions de Strauss sont venues de plusieurs directions. D’autres historiens du XVIème siècle ont trouvé la preuve que les pratiques pieuses des paroisses luthériennes avaient changé dans le sens voulu par le Catéchisme de Luther. Bien plus, les preuves utilisées par Strauss mettaient naturellement en évidence le coté négatif : les prédicateurs, luthériens en particulier, se sentent obligés de dénoncer le péché, et les visiteurs paroissiaux chercher à déceler les problèmes qui affligeaient ces paroisses, au lieu de chercher à voir ce qui marchait bien. Par ailleurs il faut dire que Luther n’avait pas pour intention de transformer toute la société. Sa conception de l’église l’avait amené à comprendre que le peuple de Dieu fidèle ne constituerait toujours qu’un reste parmi les gens de ce monde.

C’est plus exact de conclure, à partir des preuves disponibles, que le Petit Catéchisme de Luther avait en effet transformé la manière dont beaucoup de ses disciples concevaient du monde, de leur vie, et de leur Dieu.

LA BIBLE DES LAÏCS

La vie humaine commença à travers le processus de création qui eut lieu lorsque Dieu amena toute réalité à l’existence par la parole (Gn 1). La vraie vie humaine n’est possible que si elle repose sur la parole de Dieu.

La Parole de Dieu nous vient aujourd’hui dans la forme authentique, les Saintes Ecritures. Luther pensait que l’évangile devait être ‘vivant,’ c’est-à-dire parlé dans son application à la vie des autres, cependant il fondait la parole parlée des croyants dans celle de Dieu inspirée, les Saintes Ecritures.

Mais il reconnaissait aussi que les Ecritures ne pouvaient être entièrement maitrisées ou digérées tout d’un coup. Il percevait que les Ecritures étaient comme cet éléphant que 12 personnes aux yeux bandés essayaient de décrire. Chacun d’entre nous trouve cela facile d’isoler une portion ou une autre des Ecritures et de transformer ce filament favori (qui correspondrait à notre propre sagesse) en une sorte de queue du chien qui balaie tout son corps.

Tout comme les parents ne peuvent donner tout un bidon de lait à leur nourrisson et lui disent, « bois à ta guise », ainsi de même ne peuvent-ils s’attendre à ce que leurs enfants avalent la Bible entière de la première page à la dernière en une grosse gorgée. Ils versent du lait dans un verre, de même ils prennent la substance de la Parole et la verse dans le véhicule qu’est le Catéchisme. C’est de cette façon que les enfants_ ainsi que les adultes nouveaux convertis_ doivent recevoir la Parole. Et très souvent c’est de cette façon aussi, que même les parents et ainés dans la foi devraient la recevoir.

Car le Catéchisme n’est destiné à autre chose qu’à être un véhicule pour transmettre les concepts fondamentaux et l’enseignement de base de la Bible. En effet, presqu’un quart du Catéchisme de Luther est une citation directe de la Bible et un autre tiers est une interprétation de passages des Saintes Ecritures. Le reste est dévolu à l’application du message biblique à la vie.

Luther ne pensait pas, comme certains spécialistes ont voulu le faire croire, que tout(e) chrétien(ne) était libre d’interpréter les Ecritures à sa façon et à sa guise. Pour lui, Le Christ devait demeurer le Seigneur des Ecritures. Chaque chrétien devait être libre d’interpréter les Ecritures selon le dessein de Dieu, et aucune autorité humaine ne pouvait nous détourner du vrai sens de l’Ecriture. Ceci ne veut pas dire que nous sommes libres d’interpréter la Parole de Dieu comme nous voulons. Comme le théologien Allemand du XXème siècle, Herbert Girgensohn, spécialiste de la catéchèse l’a si bien dit, il ne revient pas à chaque individu de définir ce qu’est la foi. Dieu l’a fait dans les Ecritures, et il a confié à son peuple, l’église, la tâche d’enseigner cette foi. Il est attendu de l’individu qu’il croie, mais cette foi que nous confessons est transmise à nous à travers l’église sous la direction de L’Esprit.

Alors que l’Esprit Saint travaille à travers le corps de Christ, c’est-à-dire à travers les autres croyants, à nous apporter la parole, l’un des instruments qu’il utilise est le résumé de la Parole Inspirée que nous trouvons dans le Catéchisme. Le Catéchisme appartient à toute l’église, et le Petit Catéchisme est un outil excellent de confession et d’enseignement de ce que les croyants à travers le monde et tout au long de l’histoire de l’église ont reconnu comme le noyau du message biblique.

Luther a écrivait que, comprendre les Dix Commandements c’est en fait comprendre l’ensemble de l’Ecriture (Préface du Grand Catéchisme, p. 17). Dans l’un de ses sermons catéchétiques de 1528, il élargit son résumé de l’Ecriture en y incluant aussi le Crédo. Le Crédo résumait la foi au Dieu Trinitaire, en contraste au Décalogue qui, lui, nous enseigne concernant nos propres actions et non pas celles de Dieu.

Pour Luther comprendre l’Ecriture entière revenait à dire être capable de l’utiliser dans la vie quotidienne, en vivant soi-même comme enfant de Dieu et en confessant la foi devant les autres. Même si une personne connaissait le catéchisme de manière parfaite_ ce dont Luther reconnait l’impossibilité_ il serait toujours profitable et avantageux de méditer là-dessus et d’en discuter chaque jour, écrivait-il. Car l’Esprit fait usage de telles méditation et conversation pour nous donner à la fois une compréhension plus approfondie et un zèle plus ardent pour la vie Chrétienne (Préface du Grand Catéchisme, p. 9). Simplement cela veut dire vivre une vie qui distingue la loi de l’évangile, et mener une vie à l’écoute des deux.

Comme résumé de l’Ecriture le Catéchisme accomplit les mêmes fonctions que l’Ecriture elle-même. Paul les résume en 2 Tim 3 :15-16. Le Catéchisme nous donne en particulier la sagesse pour reconnaitre notre salut et la recevoir par la foi en Jésus Christ. Il nous enseigne et nous reproche, nous corrige, et nous forme pour toute droiture. Le résultat voulu, aussi bien pour le Catéchisme que pour l’Ecriture, c’est que le peuple de Dieu soit une fois encore, restauré dans son humanité et la vive effectivement, c’est-à-dire qu’il soit entièrement équipé pour toutes les bonnes œuvres auxquelles Dieu les appelle. La distinction est cruciale ; notre vécu de notre vraie humanité résulte de l’objectif et du but visés par notre enseignement, qui sont la création de la dépendance de Dieu, la confiance en son pouvoir, et la croyance en son pardon. Cette foi produit la paix ; cette confiance restaure le sens de l’harmonie et l’équilibre (de la droiture) par lequel seul les bonnes œuvres résultent.

Le but d’instruire les autres à travers le Catéchisme est donc de cultiver leur foi et leur vie, de leur exposer le noyau de la Parole de Dieu de manière qu’il touche leur vie. Le Catéchisme nous aide à nous tourner vers Dieu dans la prière, en considérant sa bonté envers nous, en nous assurant de sa volonté pour notre vie. Luther élabora sur ces fonctions du Catéchisme avec un certain nombre d’observations.

Premièrement, observa-t-il, le Catéchisme nous aide dans notre combat contre le diable, le monde et notre chair, ces ennemies qui veulent nous arracher à notre vraie humanité en nous séparant de Dieu. Enseigner la foi c’est donc s’impliquer dans cette bataille ultime contre le mal dans toutes ses personnes et sous toutes ses formes. Pour cette raison même Luther méditait sur le Catéchisme chaque jour et n’avait trouvé rien d’aussi efficace dans son combat contre Satan, le monde et la chair. Se focaliser sur les commandements et les paroles de Dieu_ les parlant, chantant, méditant_ glorifie Dieu plus que toute autre adoration, et donne le coup le plus dur contre le diable. Pour Luther, méditer sur le Catéchisme était la vraie forme d’eau bénie, comme signe qui ferait fuir le diable (Longue préface du Grand Catéchisme, p. 8, 10-11). Le Catéchisme rappelle à notre souvenir notre péché, la bonté de Dieu qui pardonne et restaure, et comment il a préparé une voie pour que nous venions en sa présence par la prière, et le servions dans notre vocation et nos responsabilités dans la vie.

Une autre fonction du Catéchisme est de nous assister dans l’accomplissement de l’une des plus importantes de ces vocations ou responsabilités : le Catéchisme nous aide à transformer la vie des autres par l’application de la Loi et de l’Evangile à leur vie ; plus spécifiquement le Catéchisme aide les parents et les pasteurs et enseignants à accomplir le devoir divin d’enseigner les autres, particulièrement les enfants que Dieu leur a confiés (Deut 6 : 7 ; Eph 6 :4).

Luther s’adressait à la fois aux autorités et aux parents lorsqu’il encourageait l’éducation des enfants en ces termes : tous ceux à qui Dieu a confié la responsabilité de prendre soin et d’éduquer les jeunes sont coupables d’un péché mortel s’ils manquent d’accomplir cette tâche. Négliger cette responsabilité met en danger aussi bien le royaume de Dieu que la société humaine. Ceux qui faillent à fournir l’éducation nécessaire sont, selon Luther, « les pires ennemies de Dieu et des humains » (Préface du Petit Catéchisme, p. 19). Dans la préface courte du grand Catéchisme (§4), Luther déclarait que chaque chef de famille avait le devoir d’examiner ses enfants et servants au moins une fois par semaine pour qu’ils avaient mémorisé la leçon du Catéchisme pour cette semaine. S’ils ne l’avaient pas fait, insistait Luther, les parents devaient les y encourager et les suivre de près.

Quelques lignes après Luther réitérait sa remarque, insistant sur la nécessité d’inculquer aux enfants l’habitude de la récitation journalière des portions du Catéchisme. La récitation devait avoir lieu le matin, au repas de midi, et le soir avant que l’enfant n’aille au lit. Luther prenait la chose au sérieux au point d’ordonner aux parents de ne ni donner à manger, ou à boire à l’enfant jusqu’à ce qu’il ait correctement fait sa récitation. Il ordonnait aussi le renvoi de tout serviteur et de toute servante qui ne voulait pas apprendre le Catéchisme (Courte préface du Grand Catéchisme, p. 16-19).

Même un simple coup d’œil dans le Catéchisme révèle que Luther ne formulait pas simplement un vœu pieux. Il voulait absolument que les parents utilisent le Petit Catéchisme. Le bref résumé qu’il donnait de la doctrine chrétienne pouvait être enseigné même par des parents qui ne savaient pas lire ; ils pouvaient simplement le réciter de mémoire s’ils l’avaient appris étant enfants, et avaient continué à le réciter dans le culte.

Par exemple, chacun des six parties principales de la doctrine chrétienne dans le premier paragraphe du Petit Catéchisme, commence ainsi : « Les Dix Commandements, dans la formule simple par laquelle le chef de famille devra les enseigner à sa famille. » Le deuxième paragraphe comporte des instructions similaires ; par exemple, « Comment le chef de famille devra enseigner à sa famille à dire les prières du matin et du soir. » « devra » indique un ordre. Il établit une obligation, une responsabilité, un devoir. Luther prit très sérieusement l’injonction de Dieu aux parents de former leurs enfants dans la Parole du Seigneur. Il est convaincu que Dieu avait conçu la vie humaine de sorte qu’elle commence dans la famille et ancrée dans l’exercice par la famille, de sa fonction et de ses responsabilités, parmi lesquelles le catéchisme, c’est-à-dire l’instruction réciproque dans la Parole de Dieu. Mais cette responsabilité est partagée entre toute la communauté chrétienne ; l’église toute entière aide les parents et les membres de la famille de plusieurs manières dans le processus catéchétique.

COMMENT ENSEIGNER LES ENFANTS DE DIEU ?

Peu de responsabilités données par Dieu à l’église et à chaque chrétien individuellement dépassent en importance celle d’enseigner. La tâche est toujours chargée de beaucoup de problèmes ; elle cause beaucoup de frustrations, mais apporte aussi grande joie et plaisir_ comme la plupart des responsabilités humaines.

L’une des causes de frustrations dans le catéchisme c’est que la tâche a été redéfinie, en particulier sa durée ; nous considérons le Catéchisme comme un ensemble de mots que nous avons à inculquer aux enfants pendant des rencontres hebdomadaires ou bihebdomadaires et au bout de deux ou trois ans, ou aux adultes en quelques douze soirées de rencontres. Luther n’était pas aussi naïf. Il considérait l’activité catéchétique comme s’étalant sur toute la vie. Même étant détenteur d’un doctorat en théologie, et avec en plus une vingtaine d’année d’expérience dans l’enseignement de la parole de Dieu au niveau universitaire, Luther confessait pourtant qu’il était comme un jeune enfant dans l’usage du Catéchisme. Au moins chaque matin, et à tout moment lorsqu’il en avait l’occasion, il révisait mot-à-mot la Prière Dominicale, les Dix Commandements, le Crédo, et quelques psaumes. Il admettait volontiers que malgré son effort journalier, il n’avait pas encore maitrisé le Catéchisme. Il est demeuré un enfant, un élève du Catéchisme, et prenait plaisir à être ce petit enfant à l’écoute de la parole de Dieu (Longue préface du Grand Catéchisme, pp. 7-8).

Le temps que nous passons_ à juste tire, avec les jeunes dans leur puberté vaut son pesant d’or même si les adolescents de douze et treize ans, avec leur énergie débordante, peuvent parfois irriter leur moniteurs, et paraitre ne rien assimiler du tout. Ce temps est bien exploité, non parce que nous leur enseignons tout ce qu’ils doivent connaitre, mais parce qu’ils tirent du catéchisme l’essentiel et le résumé de la foi chrétienne, parce qu’ils grandissent dans leur perception de la vie du point de vue divin. Nous ne sommes pas occupés simplement à inculquer aux jeunes ou aux adultes un ensemble de doctrines ou d’idées, mais à cultiver en eux une manière de vivre, lorsque nous les instruisons dans le catéchisme.

Luther a passé toute sa vie à apprendre le Catéchisme ; nos auditeurs aussi en feront de même. Enseigner, selon le langage contemporain, c’est faciliter l’apprentissage, c’est-à-dire rendre facile, aisé, dans son sens littéral tiré de l’original latin du mot. Cependant rien qui vaille ne s’apprend facilement. L’apprentissage est en incubation jusqu’à ce qu’une crise survienne, alors a lieu l’apprentissage qui intègre la leçon à la vie. Nous devons enseigner l’enseignement chrétien, mais c’est le Seigneur qui doit en faciliter l’apprentissage ; et il le fait à travers ces moments de crise lorsque nos dieux ne peuvent nous secourir, et lui seul est présent, et seule sa parole, qui interpelle et réconforte, retentit dans l’obscurité.

Notre instruction catéchétique peut apporter la connaissance et produire un certain niveau de compréhension. Nous pouvons approfondir cette compréhension en créant de prétendues crises, par exemple à travers le théâtre. Mais le Catéchisme n’est pas vraiment assimilé jusqu’à ce que la vie nous frappe d’un coup dur, et l’instruction n’a pas encore pris racine en certains de nos pupilles.

Malgré tout, certaines suggestions de Luther lui-même méritent notre attention alors même que nous examinons notre catéchèse. Dans une société mi lettrée il encouragea la mémorisation d’un texte unique afin d’éviter aux enfants la confusion qui découlerait de textes variées. Notre société hyper médiatisée a rendu caduque la nécessité de mémoriser ; nous estimons qu’il n’ya aucune connaissance qui ne soit accessible quelque part. Pourtant nous nous retrouvons très souvent dans une posture où il est impossible de rechercher ce dont nous avons besoin ou que nous voulons communiquer. En plus la mémorisation du Catéchisme demeure toujours un exercice utile_ même si notre société a dans une large mesure abandonné la mémorisation.

Deuxièmement, Luther disait qu’il faut expliquer le texte aussitôt qu’il a été assimilé. Il n’y a pas un ordre chronologique qu’il faut absolument suivre ici. La sagesse contemporaine insiste qu’il faut que les gens comprennent ce qu’ils ce qu’ils apprennent ; ceci est vrai dans une certaine mesure. Toujours est-il que la mémorisation peut être un outil pour produire la compréhension, tout comme la compréhension peut, de différent façon, être un outil de facilitation de la mémorisation.

Ensuite, insistait Luther, l’on ne doit pas penser que la maitrise du premier manuel du Catéchisme_ pour la plupart des Luthériens aujourd’hui il s’agit du Petit Catéchisme_ est suffisant pour vos élèves. Beaucoup trop d’héritiers de Luther ont tenu pareil vue, et se sont refugiés volontiers dans une paresse intellectuelle, qui peut facilement transformer le concept luthérien de la foi en une sorte de fierté têtue dans l’ignorance voulue. Certain ont même utilisé la phrase foi du catéchisme pour parler d’une foi minimal, un concept plutôt contraire à ce que Luther entendait par foi catéchétique, i.e. une foi toujours grandissante et pratiquante. Une prédication occasionnelle sur le Catéchisme à l’attention de toute la congrégation peut aider les fidèles dans le développement approprié d’une vraie foi catéchétique.

Si nous reconnaissons que l’instruction de l’enfant ou de l’adolescent implique le développement d’une mentalité d’éducation continue_ une attitude envers l’enseignement et l’apprentissage de la doctrine chrétienne qui cherche toujours une plus grande compréhension de la Parole de Dieu_ alors nous enseignerons d’une manière que nos pupilles ne se satisferont pas de lait de bébé dans le biberon catéchétique, mais plutôt rechercheront la nourriture solide à la table de notre Dieu. Nous affermirons leurs dents apprenantes en sorte qu’ils désirent de mâcher toujours plus fort afin d’acquérir la solidité intellectuelle et la sagesse pieuse pour aider d’autres personnes à mordre à pleines dents la chair solide qu’est la Parole de Dieu. Nous cultiverons en eux l’enthousiasme qui provient d’un engagement authentique avec la parole. Nous les aiderons à abandonner la poursuite d’une fausse assurance qui pourrait venir d’une connaissance légère et simpliste du message de Dieu à ses créatures humaines. Nous les conduirons au repos et à la paix dans la foi, laquelle s’accroche uniquement sur le Christ.

Luther recommandait aussi aux instructeurs d’aiguiser leur présentation de la Parole de Dieu pour qu’elle puisse percer le cœur des auditeurs. La Parole vivante de Dieu nous parvient remplie de sa propre puissance, cependant elle peut être plus ou moins valablement exprimée. C’est la responsabilité des instructeurs chrétiens de toujours présenter la parole et d’appliquer sa puissance de manière et par des mots que notre auditoire peut saisir. C’est toujours très facile de diriger notre enseignement contre un mal assez éloigné de nous, ou de l’utiliser pour décrire une sorte de salut abstrait, au lieu de confronter la dure réalité de notre propre existence. Nous ne devons pas confondre le partage d’information à propos du péché de quelqu’un d’autre avec la confrontation effective des péchés qui existent en notre propre sein. Nous ne devons pas confondre un discours philosophique impressionnant sur la bonté de Dieu, et la description pratique, terre-à-terre de ce que Dieu fait pour nous à travers Jésus, et le Saint Esprit qui pardonne nos péchés et chaque jour restore notre vie en lui.

En même temps nous devons nous assurer que nous de sommes pas en train d’accommoder la Parole de Dieu aux impressions et désirs humains. Pour emprunter l’expression à Helmut Thielicke, nous devons actualiser pour nos contemporains ce que Dieu nous a réellement dit dans les Saintes Ecritures, mais ne jamais accommoder la Parole à une certaine méthode d’interprétation de la réalité.

Pour accomplir une tâche pareille nous devons prendre au sérieux la question récurrente de Luther dans le Petit Catéchisme : « Qu’est-ce que c’est ? » Nous devons appliquer les textes du Catéchisme à notre propre vie et à celles de nos pupilles avec imagination et créativité. Qu’est-ce que c’est, et qu’est-ce que cela signifie pour moi ? Dieu ne parle pas à lui-même, il s’adresse à nous ; le Catéchisme s’adresse à nos vies.

Nous pouvons le faire en utilisant plus largement la technique de question-réponse de Luther que ne le fais le texte du Catéchisme. Les questions doivent se situer entre le contexte de vie de nos pupilles et le message biblique ; et nous devons trouver les meilleurs outils pour creuser le texte du Catéchisme, de la Bible, de la liturgie , des hymnes : dialogue, jeu de rôles, théâtre, projets communautaires , etc.

Le Catéchisme est un mécanisme pour découvrir les Saintes Ecritures and intégrer leur message dans la vie de nos auditeurs. La liturgie et les cantiques chrétiens font de même, et nous nous devons de coordonner et corréler l’enseignement que les chrétiens reçoivent avec l’adoration qu’ils pratiquent. Notre instruction devrait inclure l’utilisation des hymnes que Luther a rédigé pour le catéchisme, tel que ‘Voici le Décalogue sure,’ ‘Nous tous croyons en un seul vrai Dieu,’ ‘Notre Dieu, qui des cieux là-haut,’ ‘Notre Seigneur le Christ vint au Jourdain,’ ‘Du fond de l’abîme je crie vers toi,’ et ‘Oh Seigneur nous t’adorons.’

Lorsque j’enseigne le Catéchisme aujourd’hui, je mets du temps sur le Premier Commandement. Tout le message biblique provient delà. Je ne consacre pas beaucoup de temps aux commandements 2-10. Cela ne demande pas beaucoup de temps pour dire à un enfant qu’il ou elle dérange. Le lui dire ne fera que renforcer son attitude et peut-être même lui donner de nouvelles idées, étant donner l’abondance de détails que nous utilisons pour décrire le péché. Il est important de se rappeler que le point de chacun des neuf commandements, selon Luther, est de nous rappeler que l’échec dans le centre de notre vie est l’échec de craindre, aimer, et mettre notre confiance en Dieu plus que tout. Les péchés que nous commettons, aussi bien que ceux dont nous sommes victimes, indiquent l’état de décrépitude du monde et de nos propres vies. Le fait que nous soyons aussi bien victimes que auteurs du mal et de la désobéissance indiquent à quel point nous avons besoin de Jésus Christ. C’est là le point de la loi dans cet usage.

Je consacre assez de temps au Crédo, car il nous parle de quel sorte de dieu Dieu est. Connaitre cela est capital pour vivre notre vraie humanité et jouir de notre existence en tant qu’enfants de Dieu. Nos fidèles ont besoin de connaitre pourquoi et comment correctement prier ; ainsi je fais tout mon possible pour cultiver une vie de prière appropriée (ce qui peut être suffisamment différent de l’attitude de nos voisins envers la prière en cette société). Les Sacrements semblent une idée si étrange dans notre culture religieuse ; je me concentre sur eux, car ils révèlent la largeur et la profondeur de l’amour de Dieu, et les principes centraux organisant notre vie et les valeurs essentielles de notre existence quotidienne.

Du fait que nous oublions souvent que les deux dernières subdivisions sont bien contenues dans le Petit Catéchisme, et parce qu’elles constituent l’objectif vers lequel il a arrangé les parties principales de la doctrine chrétienne, je mets un accent particulier sur eux. Car il est impérieux que les foyers chrétiens deviennent une fois encore des centres de l’enseignement biblique et des soins spirituels réciproques. Il est aussi vital que nous parvenions à comprendre la structure de la vie humaine à travers la Table des vocations chrétiennes de Luther, sa conception de l’appel chrétien.

Et je me mets à la tâche avec un sentiment d’excitation et d’impatience, avec le même sentiment que Luther eut à l’égard du Catéchisme : un esprit assoiffé de la parole, et humble à propos de ce que je crois déjà connaitre.

Car faire en sorte que la Parole de Dieu influe sur les vies humaines, et produire le pardon des péchés et la restauration de l’humanité est plus exaltante que toute autre entreprise dans le monde. Comme Luther en a fait la remarque, « Dieu lui-même n’a pas honte d’enseigner le Catéchisme au quotidien, car il ne connait rien de mieux à enseigner, et il continue d’enseigner la même chose sans jamais la varier avec quelque chose de nouveau ou différent » (Longue préface du Grand Catéchisme, p. 16).

Lorsque tu as prononcé les Dix Commandements, le Crédo, la Prière Dominicale, les Sacrements, et les vocations de la vie chrétienne, alors tu auras tout dit.

PRECHER LE CATECHISME

De temps en temps nous voulons tout dire dans notre prédication de la période du Carême. L’église a pendant des siècles concentré ses efforts à enseigner la foi pendant la période du Carême. Depuis son commencement au IVème siècle, le Carême était associé à la préparation initiale au baptême, qui se déroulait pour les adultes convertis, à Pâques. Donc, le Carême coïncida avec la période où l’enseignement de la foi était dispensé pour préparer ces convertis à leur entrée dans l’église à travers le Sacrement. Pendant la Réforme certains territoires luthériens, tel la contrée de Hohenlohe, mirent un accent particulier sur l’enseignement catéchétique dispensé pendant le Carême. Jacques Nestingen suggère que le Carême demeure la période la mieux indiquée pour prêcher le Catéchisme, en prenant une partie chaque année en une série d’années, ou alors « en forçant le rythme » pour couvrir le Catéchisme entier en une seule saison du Carême.

Nestingen estime que le Catéchisme de Luther offre un paradigme pour enseigner la foi Luthérienne, et le faire ainsi à travers la prédication. Selon lui ce paradigme clarifie et focalise le message de ceux qui ont le Catéchisme, et offre la base d’une conversation avec ceux qui ne sont pas familiers avec cela. Prêcher le Catéchisme à toute la congrégation permet de rafraichir le point de référence commun qu’il fournit à ceux qui ont été nourris à sa cadence. Même du souvenir le plus faible de ses résumés peuvent survenir les crochets sur lesquels nous pouvons accrocher les exigences de Dieu et ses promesses pour ce jour.

Car, affirme Nestingen, ce paradigme de la foi a « les deux pieds sur terre. » C’est une évaluation quotidienne de la vie et de l’évangile, en mettant en exergue la réalité des devoirs qui nous attendent, et des dons de grâce qui nous soutiennent. » Il ajoute, « aussi froidement responsable qu’il est à propos des exigences envers les créatures_ ce qui est l’un de ses points focaux_ il se met à sourire quand il établit l’autre : la réalité encore plus profonde et plus durable de la grâce de Dieu en Christ. »

En prêchant ou en enseignant le Catéchisme, nous poursuivons l’objectif de clarifier une fois encore à l’intention de nos fidèles, ce que cela signifie pour l’humain d’être la créature bien-aimée de Dieu_ comment nous y avons échoué_ et de sourire une fois encore à la réalité de la grâce de Dieu dans leur vie

 Dr. Robert Kolb, trad. Jean Baptiste Mbérébe.

Etre un témoin vivant de Christ

 « Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. »

Actes 4 :13

Lorsque les pharisiens ont vu l’assurance de Pierre et de Jean,… ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. Quelle ressemblance avec Jésus-Christ! Nous avons certainement lu plusieurs écrits ou traités rédigés avec délicatesse et éloquence d’expression sur la vie de Jésus-Christ. Mais la meilleure biographie de Christ est celle qui est écrite sans parole par l’action de son peuple. Sommes-nous ce que nous professons, ce que nous devrions être, c’est-à-dire l’image de Jésus-Christ ? Le monde autour de nous peut-il dire en nous rencontrant : « Il a été avec Jésus! » Il a été enseigné par Lui, il est comme Lui et il le montre dans sa vie par ses actions de tous les jours ? Oui, le chrétien devrait être d’une ressemblance frappante avec Jésus-Christ. Prend garde de ne pas déshonorer le fait de dire que tu « es comme Jésus ». Sois vaillant pour ton Dieu. Imite-le dans ton amour selon l’Esprit, pense aimablement, parle aimablement, agit aimablement, pour que les hommes puissent dire de toi : « Il a été avec Jésus. » Imite Jésus dans sa sainteté; était-il zélé pour son Maître? Sois zélé. Fais toujours ce qui est bien; ne gaspille pas le temps qui est si précieux. Se renierait-il lui-même, ne cherchant jamais son intérêt? Fais de même. Sois fervent dans tes prières. L’endurance est le meilleur de tout, comme la plus belle image de Jésus; efforce-toi de pardonner à tes ennemis comme il le fit et que les paroles sublimes du Maître: « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » sonnent toujours à tes oreilles. Pardonne comme tu espères être pardonné. Amasse des charbons ardents sur la tête de tes ennemis par ta bonté envers eux. Rend le bien pour le mal et tu verras, c’est divin. Vis ainsi dans toutes tes voies et par tous les moyens dignes d’un enfant de Dieu, et que l’on puisse dire de toi: « Il a été avec Jésus ».

Bonne semaine en Jésus

Adèle Makomra